Les services de garde en milieu familial des régions de Chaudière-Appalaches et de la Capitale-Nationale sont touchés par un mouvement de grève tournante, mardi, un débrayage qui affecte environ 1300 de ces entreprises.

Le mouvement de grève, qui se poursuivra jusqu’au 18 septembre, et qui visera toutes les régions du Québec, est maintenu malgré l’annonce de la reprise des négociations entre la Fédération des intervenantes en petite enfance (FIPEQ) et le ministère de la Famille.

L’entente avec le gouvernement est échue depuis mars 2019.

Dans un communiqué publié par la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), à laquelle est affiliée la FIPEQ, il est écrit que devant le choix du ministre [Mathieu Lacombe] de refuser de négocier pendant l’été et de maintenir son offre finale et globale du 2 juin dernier, les intervenantes mettent en action leur volonté d’améliorer les conditions de travail.

Le ministre n’accordera pas d’entrevue mardi. Dans un message transmis par courriel, son attaché de presse a indiqué que le ministère « est satisfait que le syndicat ait répondu à l’appel du ministre, afin de poursuivre les discussions. Bien entendu, nous trouvons dommage que ce soit les familles qui voient leur quotidien chamboulé aujourd’hui par les moyens de pression, toutefois nous espérons que les parties concernées arrivent à une entente rapidement ».

La principale pierre d’achoppement entre les parties est le salaire des intervenantes; celles-ci gagnent 12,42 $ de l’heure, soit un montant inférieur au salaire minimum, qui est de 13,10 $ de l’heure depuis le 1er mai dernier.

Ce montant est basé sur une estimation effectuée par la FIPEQ, puisque les intervenantes sont payées avec une subvention fournie par le gouvernement. Cette subvention tient compte des heures de travail, des dépenses inhérentes au service, mais aussi du fait que ces responsables travaillent depuis leur domicile.

$”,”text”:”Là où ça accroche, c’est que le ministère, dans sa dernière offre au printemps [proposait] 12,83$”}}” lang=”fr”>Là où ça accroche, c’est que le ministère, dans sa dernière offre au printemps [proposait] 12,83 $, souligne Valérie Grenon, présidente de la FIPEQ, en entrevue à RDI.

Les intervenantes réclament plutôt d’être payées au même montant que les éducatrices nouvellement embauchées dans un centre de la petite enfance (CPE), soit 16,75 $/h.

C’est pas cher payé, d’avance… ce qu’on veut, c’est minimalement ça, renchérit Mme Grenon.

Toujours selon la CSQ, on compte actuellement 2500 postes vacants d’intervenantes en milieu familial, ce qui correspondrait à 13 000 places en services éducatifs qui ne sont pas offertes aux parents.

Elles sont tellement sous-payées, non reconnues par le ministère de la Famille, [que les intervenantes] quittent; à tous les jours, on a des appels indiquant qu’elles ferment, et cela cause des problèmes aux parents du Québec. Il y a déjà beaucoup de parents sur des listes d’attente, et là, ça augmente.

Notre bataille va donc au-delà des négociations, c’est pour la sauvegarde du réseau, pour éviter de perdre d’autres responsables et en attirer de nouvelles, parce que nous en avons besoin, ajoute-t-elle.

En plus de la grève tournante qui débute mardi, une marche silencieuse rassemblant la FIPEQ, la CSQ et d’autres organisations doit avoir lieu à Québec; elle prendra fin devant l’Assemblée nationale, en fin d’avant-midi.

Le spectre d’une grève générale

Au total, quelque 10 000 intervenantes de la FIPEQ participeront à la grève tournante; celle-ci pourrait devenir générale et illimitée à partir du 21 septembre si le dossier n’est pas réglé d’ici là.

Les négociations étaient au point mort depuis un certain temps déjà, avait déploré Mme Grenon en entrevue vendredi dernier. La dernière rencontre de négociation remontait à la fin du mois de juin. Les négociations ont commencé en mars 2019.

Jeudi dernier, le ministre Lacombe avait soutenu que c’était plutôt le syndicat qui ne voulait pas s’asseoir pour négocier. Il se disait convaincu que, si les deux parties négociaient de bonne foi, elles parviendraient à s’entendre et à éviter une grève.

Un précédent mouvement de moyens de pression a eu lieu en début d’année, notamment l’ouverture des portes des services de garde 15 minutes plus tard qu’à l’habitude.

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