L’Alliance de la Fonction publique du Canada demande au gouvernement de revoir sa position sur les espaces de travail partagés pour mieux protéger les fonctionnaires de la COVID-19.

Dans un contexte de pandémie mondiale, l’AFPC estime que ce n’est pas le bon moment d’accélérer l’aménagement des milieux de travail axés sur les activités (MTAA).

Selon ce modèle, personne n’a de place assignée, explique l’AFPC dans un communiqué rendu public jeudi. Des milliers de travailleurs seront donc obligés de partager les mêmes pupitres et surfaces, risquant ainsi d’être exposés au virus.

Au lieu de mettre sur pause la réalisation de ce projet, le Secrétariat du Conseil du Trésor est plutôt allé de l’avant, ce qui aura des répercussions dangereuses pour la santé et la sécurité des membres de l’AFPC, selon elle.

Accélérer la mise en place des MTAA augmentera le risque pour les membres de l’AFPC, leur famille et leur communauté.

L’Alliance aimerait que l’on adopte les mêmes protocoles que ceux établis dans les écoles. Des places assignées sont nettement plus sécuritaires que des places non assignées, estime-t-elle.

En plus de revenir à un système de places assignées, l’AFPC demande l’embauche de personnel pour nettoyer et désinfecter les bureaux.

La vice-présidente nationale exécutive de l’AFPC, Magali Picard, estime que le timing est épouvantable pour la réalisation d’un tel projet. Ce n’est pas du tout intelligent dans le contexte actuel d’aller vers le partage des bureaux de travail, lance-t-elle.

Selon Mme Picard, la décision du gouvernement du Canada est discutable, d’autant plus qu’il est au premier plan de la pandémie mondiale.

Magali Picard dans les studios de Radio-Canada.

La vice-présidente nationale exécutive de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), Magali Picard, dans les studios de Radio-Canada.

Photo : Radio-Canada / Agnès Chapsal

Outre les enjeux de santé et sécurité, la vice-présidente fait aussi mention des problèmes ergonomiques que pourraient entraîner les espaces de travail partagés.

Ça fait longtemps qu’on parle d’ergonomie, et de l’importance d’avoir des bureaux de travail adapté. Nos gens travaillent des heures et des heures de façon continue avec un système téléphonique, des écrans. Alors à partir du moment où on a un bureau qui change à chaque journée, ça veut donc dire que […] tous les outils de travail dans le fond doivent être repositionnés d’une journée à l’autre, dit-elle.

L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) a fait aussi la même demande le 19 août dernier, dans une lettre envoyée à la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Anita Anand.

Le syndicat estime que les espaces ouverts accroîtront les problèmes de santé et de sécurité de ses membres.

Sur son site web, l’IPFPC se dit préoccupé, puisque selon lui, la fonction publique fédérale profite de la situation [de pandémie] pour réduire l’espace qu’elle doit prendre pour ses bureaux et entasser ses travailleurs dans des espaces ouverts de plus en plus petits.

Il demande aussi que les protocoles sanitaires soient beaucoup plus rigoureux et d’être consulté relativement à la conception des bureaux ouverts. Dans la majorité des cas, nous ne sommes pas consultés relativement à la conception de ces bureaux ouverts, explique l’IPFPC.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

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