Trois partis politiques s’engagent à mettre sur pied une enquête publique sur le système de justice. Une action demandée à répétition par les chefs des Premières Nations depuis la fusillade mortelle de deux membres de la communauté autochtone par la police cet été.

Le premier ministre sortant Blaine Higgs a rejeté ces appels à lancer une enquête provinciale.

Chantel Moore, 26 ans, de la Première Nation Tla-o-qui-aht, en Colombie-Britannique, a été tuée par un policier d’Edmundston qui avait été envoyé à son domicile pour vérifier son état de santé le 4 juillet dernier.

Huit jours plus tard, Rodney Levi, 48 ans, de la Première Nation de Metepenagiag, près de Miramichi, était abattu par la GRC.

En pleine campagne électorale, deux chefs de parti politique promettent qu’une enquête sur le système judiciaire sera l’une de leurs premières actions s’ils forment un gouvernement.

David Coon

Le chef du Parti vert, David Coon, a qualifié de « honteux » le refus du chef du PCNB, Blaine Higgs, de créer une enquête provinciale.

Photo : CBC/Logan Perley

Le temps est venu. On parle de nos voisins, de nos amis, de gens qui font partie de la société du Nouveau-Brunswick, et nous avons une responsabilité.

La position du chef libéral Kevin Vickers montrait une urgence similaire.

Lorsque je deviendrai premier ministre, nous aurons certainement une enquête publique sur la discrimination systémique et le racisme systémique dans nos systèmes de justice et de police, a déclaré le chef de parti, ancien agent de la GRC. 

J’annoncerai dans les 30 premiers jours suivant mon accession au poste de premier ministre une enquête publique sur ces questions.

Il a ajouté qu’il sait que ces politiques doivent être mises à jour depuis qu’il a été surintendant en chef de la GRC, responsable des politiques opérationnelles.

Kevin Vickers. Il n’a pas été mis à jour depuis le début des années 1990. “,”text”:”Il est temps de revoir ce modèle d’utilisation de la force, affirme Kevin Vickers. Il n’a pas été mis à jour depuis le début des années 1990. “}}” lang=”fr”>Il est temps de revoir ce modèle d’utilisation de la force, affirme Kevin Vickers. Il n’a pas été mis à jour depuis le début des années 1990.

Kevin Vickers

Le chef du Parti libéral, Kevin Vickers, croit que Blaine Higgs s’oppose à une enquête pour des raisons financières.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Le Nouveau Parti démocratique du Nouveau-Brunswick est également en faveur d’une enquête, selon son directeur des communications Nathan Davis. Il faut poursuivre les efforts de réconciliation, selon lui.

J’espérerais et je m’attendrais à ce que, dans les efforts d’une véritable réconciliation, cela avance rapidement, a-t-il déclaré.

Le chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, a été contacté, mais n’avait toujours pas répondu mardi.

En juillet, les chefs autochtones de la province ont rencontré Blaine Higgs pour discuter de la marche à suivre après la mort de Chantel Moore et de Rodney Levi, ainsi que du verdict de non-culpabilité de l’homme accusé dans la mort de Brady Francis de la Première nation d’Elsipogtog.

Les chefs qui représentaient les Premières Nations du Nouveau-Brunswick se sont retirés des pourparlers avec le premier ministre Higgs en raison d’une impasse sur la question d’une enquête.

Le chef de la communauté malécite de Tobique, Ross Perley, portant une coiffe traditionnelle.

Le chef de la communauté malécite de Tobique, Ross Perley.

Photo : CBC / Julianne Hazlewood

En tant que groupe, les chefs du Nouveau-Brunswick, nous perdons confiance dans le premier ministre Higgs, déclarait le chef Ross Perley, de la Première Nation malécite de Tobique à l’époque.

Ils réclamaient également d’autres éléments réalisables rapidement, dont la création d’un organisme d’enquête indépendant incluant des membres autochtones, des alternatives de maintien de l’ordre tribal et une formation accrue de la police en désescalade et en compétence culturelle.

Une compétence fédérale, ou provinciale?

Blaine Higgs a déclaré que bon nombre des préoccupations du chef relevaient de la compétence fédérale et que chaque province étudiait ces problèmes.

C’est assurément une question provinciale, la compétence de la justice relève de la province, a déclaré Bill Ward, chef de la Première nation micmaque de Metepenagiag. Remettre cet enjeu dans les mains du gouvernement fédéral est une échappatoire.

Selon le chef libéral Kevin Vickers, cette compétence pourrait être à la fois fédérale et provinciale, selon le problème traité. Il soupçonne que l’opposition du gouvernement sortant soit liée aux finances.

Le racisme systémique dans le système de justice est un problème qui relève entièrement de la province, selon David Coon.

On parle de réparer certaines injustices fondamentales du système et qui sont dirigées contre les peuples autochtones. Il faut y remédier.

Nous ne pouvons pas résoudre le problème à moins d’écouter les Autochtones qui vivent ce problème régulièrement, afin qu’ils puissent nous fournir les conseils dont nous avons besoin.

Le chef du Parti vert qualifie la position du gouvernement Higgs de honteuse.

Higgs préfère en confier la responsabilité au gouvernement fédéral. “,”text”:”Tous les chefs de toutes les communautés autochtones ont convenu qu’il s’agissait d’une priorité, mais le gouvernement Higgs préfère en confier la responsabilité au gouvernement fédéral. “}}” lang=”fr”>Tous les chefs de toutes les communautés autochtones ont convenu qu’il s’agissait d’une priorité, mais le gouvernement Higgs préfère en confier la responsabilité au gouvernement fédéral.

Jake Stewart en entrevue

Le ministre des Affaires autochtones du Nouveau-Brunswick, Jake Stewart.

Photo : CBC

Le ministre des Affaires autochtones Jake Stewart a publiquement appuyé la demande d’enquête provinciale, mais s’est retiré depuis.

Le premier ministre a pris sa décision, a-t-il déclaré récemment. Il est le premier ministre et c’est sa décision.

Il a ajouté que le premier ministre était toujours déterminé à apporter des changements sur la base des recommandations des chefs micmacs.

Le chef de la Première Nation micmaque de Metepenagiag a déclaré que les réformes de justice proposées peuvent encore se produire et que cela ne devrait pas être une question de se renvoyer la balle.

Il n’est pas trop tard pour que les réformes demandées soient mises en place, croit le chef. Il assure que les peuples des Premières Nations du Nouveau-Brunswick risquent de suivre cette élection de près.

Je sais que ma communauté et d’autres communautés vont certainement mobiliser leur population pour aller voter, car nous la considérons comme une élection charnière.

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