Une semaine après le début de la campagne électorale au Nouveau-Brunswick, la grande question est de savoir comment le prochain gouvernement gérera l’économie de la province pendant et après la pandémie. Des entrepreneurs de la province lancent un cri de cœur.

Au cours des précédentes campagnes électorales au Nouveau-Brunswick, les partis se sont affrontés sur des questions qui ont suscité beaucoup de débats publics, comme la fracturation hydraulique ou la montée en flèche des taux d’assurance automobile.

Mais cette fois-ci, la campagne porte sur la façon de reconstruire l’économie ébranlée par la pandémie, selon J. P. Lewis, professeur de science politique à l’Université du Nouveau-Brunswick.

Blaine Higgs en conférence de presse.

Blaine Higgs promet une salle d’opération réservée aux arthroplasties de la hanche et du genou à l’Hôpital St. Joseph.

Photo : Jean-Philippe Hughes

Avec les deux partis les plus [susceptibles de remporter l’élection], il pourrait y avoir deux façons très distinctes de définir comment ils vont gouverner pendant les prochaines années à la lumière d’une récession et à la lumière de la baisse des revenus du gouvernement , a souligné M. Lewis.

Il a relevé que le chef progressiste-conservateur, Blaine Higgs, promettait la stabilité et le contrôle des dépenses du gouvernement, tandis que le chef libéral Kevin Vickers estime qu’il faut engager davantage de dépenses pour stimuler l’économie.

Coûts fixes et craintes réelles

Si le Nouveau-Brunswick a été l’une des provinces les plus rapides à se relever économiquement et à permettre la réouverture de ses entreprises, il y a toutefois plusieurs défis qui attendent toujours les entrepreneurs.

Malgré la réouverture desdites entreprises, les pertes considérables des derniers mois et l’incertitude face à l’évolution de la crise sanitaire à l’automne en laissent plusieurs dubitatifs.

Denise Leblanc, propriétaire de Shediac Bay Cruise, dit avoir remarqué une baisse de revenus de 85 % en juillet. Elle estime que ses pertes seront de 70 % en août, et de 90 % en septembre. Son entreprise était aussi fermée en juin.

Bien que la température estivale de cette année ait été favorable pour son entreprise, la fermeture des frontières et la diminution des voyages ont eu des répercussions sur son chiffre d’affaires.

Le rabais de 20 % offert par la province pour les déplacements a eu des résultats mitigés sur ses revenus. On a eu beaucoup de gens de la région même, explique-t-elle. C’est certain qu’on a eu une très haute baisse dans les revenus.

Des rochers recouverts de lichen avec la mer en arrière-plan.

Les résidents du Nouveau-Brunswick peuvent présenter une demande de remboursement de 20 % pour les dépenses de vacances admissibles faites dans la province jusqu’à concurrence de 1000 $.

Photo : CBC/Shane Fowler

Même son de cloche pour Alain Leblanc, propriétaire de la librairie Matulu à Edmundston. Après avoir fermé pour deux mois, l’entreprise a ouvert et enregistré des pertes de 35 à 40 %.

J’ai perdu le Salon du livre d’Edmundston, les fins de budget scolaire… parfois, ça nous rapporte gros, indique le libraire. C’est difficile, car il y a des coûts fixes qui restent qu’il faut payer quand même.

Le souhait de Denise Leblanc en cette campagne électorale : l’appui des chefs aux entreprises. 2021.”,”text”:”Ils doivent avoir un programme qui va aider les gens à survivre cette année […] Il faut survivre jusqu’à2021.”}}” lang=”fr”>Ils doivent avoir un programme qui va aider les gens à survivre cette année […] Il faut survivre jusqu’à 2021.

Elle explique que les coûts fixes, soit l’électricité, le loyer, les frais de téléphone et d’Internet, font le malheur de plusieurs entrepreneurs qui ont pris le risque de rouvrir durant la pandémie.

L’économiste J. P. Lewis juge que la première semaine de campagne a été somnolente et il dit avoir hâte de voir les premiers sondages sur les intentions de vote.

Avec les informations de La Presse canadienne et de Karine Godin

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