Des demandeurs d’asile ayant offert des soins aux patients en plein confinement obtiendront la résidence permanente, annonce Ottawa. Déjà, des voix s’élèvent pour dire que ce n’est pas assez.

Radio-Canada avait déjà révélé les détails du programme, jeudi. Vendredi, le ministre fédéral de l’Immigration a annoncé quels demandeurs de statut de réfugiés – la plupart des Haïtiens qui sont au Québec – se feront offrir une résidence permanente.

Pour être éligibles, les particuliers doivent avoir demandé l’asile avant le 13 mars 2020, ils doivent avoir obtenu un permis de travail après avoir déposé une demande d’asile, ils doivent avoir travaillé dans une profession désignée dans le domaine de la santé, par exemple les préposés aux bénéficiaires, les infirmiers et les aides-infirmiers, a expliqué Marco Mendicino.

Ils devront aussi avoir travaillé pendant au moins 120 heures à ces postes et prouver qu’ils ont une expérience d’au moins six mois dans ces professions.

L’annonce du ministre Mendicino laisse donc en plan plusieurs travailleurs qui, bien qu’ayant oeuvré dans les CHSLD, ne se qualifieront pas pour le programme.

C’est une bonne nouvelle, on n’y croyait presque plus, mais il y a aussi des laissés-pour-compte, des gens qui devaient être inclus, je pense entre autres aux agents de sécurité et à d’autres travailleurs essentiels qu’on laisse derrière. C’est décevant, a tout de suite déclaré Guillaume Cliche-Rivard, président de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration.

Voilà des mois que ces avocats demandent à ce que le statut des travailleurs essentiels qui ont travaillé pendant la pandémie alors que la majorité des Québécois étaient en confinement soit régularisé. Et ils ne sont pas seuls.

On va continuer à faire des pressions pour qu’on élargisse les critères, on n’est pas arrivé au bout de la démarche, on se bat pour toutes les personnes qui étaient au travail pendant que nous étions bien en sécurité. Il faut continuer de se battre pour ces personnes-là.

Bien sûr, Marjorie Villefranche se réjouit tout de même pour ceux concernés par l’annonce de ce matin. Pour ceux qui seront régularisés, c’est énorme. Ils n’ont actuellement qu’un permis de travail, ils n’ont aucun statut, a-t-elle dit. Ceux-là pourront désormais, par exemple, envoyer leurs enfants au cégep, ce qui est impossible pour les sans-statut.

À l’Association canadienne des avocats et avocates en droit des réfugiés, on se montre moins critique. Le programme, avance-t-on, se place dans la lignée de tradition humanitaire du Canada. « Nous vivons des moments hors du commun et le programme reflète cela. Ces travailleurs nous ont permis de rester en sécurité, ne sachant même pas eux-mêmes s’ils
pourront rester au Canada », a déclaré la présidente de l’association, Maureen Silcoff, par communiqué.

Et à Québec, finalement, on n’a que de bons mots pour le programme. Je suis content de voir que le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral vont travailler ensemble pour remercier les demandeurs d’asile qui sont venus prendre des risques en travaillant dans le réseau de la santé pendant la pandémie en les acceptant comme immigrants, a déclaré le premier ministre, François Legault, vendredi matin à Chibougameau.

M. Legault a ajouté que « depuis le début », il voulait leur donner une permanence. Ce qui n’est pas tout à fait exact. Le 21 mai dernier, il avait déclaré qu’: “Si vous venez illégalement, si vous trouvez un travail, c’est OK, on va vous accepter comme immigrant.” “,”text”:”on ne peut pas ouvrir la porte et dire: “Si vous venez illégalement, si vous trouvez un travail, c’est OK, on va vous accepter comme immigrant.” “}}” lang=”fr”>on ne peut pas ouvrir la porte et dire : “Si vous venez illégalement, si vous trouvez un travail, c’est OK, on va vous accepter comme immigrant.”

Ce n’est pas comme ça que ça marche, avait-il ajouté.

Avec les informations de Romain Schué, de Tout un matin et de La Presse canadienne

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