Les croisières internationales seront interdites au Canada jusqu’au 31 octobre, selon les informations obtenues par Radio-Canada. Le ministre des Transports Marc Garneau a confirmé vendredi matin cette mesure qui pourrait faire perdre un milliard de dollars en retombées économiques au Québec seulement.

Dans un point de presse par vidéoconférence à Ottawa, le ministre a affirmé que « la circulation des navires de croisière offrant de l’hébergement et autorisés à transporter plus de 100 personnes est interdite dans les eaux canadiennes jusqu’au 31 octobre ».

La circulation des navires à passagers d’une capacité de plus de 12 personnes reste également interdite dans les eaux côtières de l’Arctique (y compris celles bordant le Nunatsiavut, le Nunavik et la côte du Labrador) jusqu’à la fin du mois d’octobre.

C’est notre saison qui s’envole en poussière, soutient René Trépanier, directeur général de l’Association des croisières du Saint-Laurent, qui rappelle que l’industrie des croisières représente 5000 emplois directs au Québec, répartis dans une trentaine d’entreprises.

Ça touche tout un tissu entrepreneurial touristique qui est vraiment étendu à la grandeur de la province.

Le 13 mars, le gouvernement canadien interdisait les croisières de plus de 500 passagers jusqu’au 1er juillet. Cette interdiction est donc reconduite jusqu’à l’automne, afin de poursuivre la lutte contre la pandémie.

Le gouvernement estime en effet que la concentration d’un grand nombre de personnes dans des lieux confinés durant une longue période rend la distanciation physique difficile et représente des risques importants pour la propagation de la COVID-19.

En 2019, le Canada a reçu plus de 140 navires de croisière en provenance directe de plus de 10 pays différents. L’industrie des croisières amène environ 2 millions de voyageurs annuellement au pays.

% de notre marché provient de l’extérieur du Canada. C’est de l’argent neuf à chaque fois. Alors, c’est extrêmement important pour rebâtir l’économie touristique québécoise dans les prochaines années”,”text”:”95% de notre marché provient de l’extérieur du Canada. C’est de l’argent neuf à chaque fois. Alors, c’est extrêmement important pour rebâtir l’économie touristique québécoise dans les prochaines années”}}” lang=”fr”>95 % de notre marché provient de l’extérieur du Canada. C’est de l’argent neuf à chaque fois. Alors, c’est extrêmement important pour rebâtir l’économie touristique québécoise dans les prochaines années, insiste René Trépanier.

Malgré tout, M. Trépanier essaie d’être optimiste. Le gestionnaire espère une reprise du secteur le printemps prochain. C’est quand même une pente qui va être difficile à remonter, mais on est une industrie résiliente, souligne-t-il.

Reprise des croisières-excursions?

Les croisières de moins d’un jour sur des bateaux sans cabine (comme pour l’observation des baleines, par exemple) pourraient par contre reprendre après le 1er juillet, mais avec des nouvelles mesures sanitaires en place, selon les informations recueillies par Radio-Canada. Une information confirmée par le ministre Garneau vendredi.

Cependant, Transports Canada va déléguer aux gouvernements provinciaux la responsabilité de décider à quel moment ces dernières pourront reprendre ainsi que des mesures de protection appropriées.

Ottawa veut ainsi donner plus de flexibilité aux différentes régions du pays, voire à chaque province, qui sont touchées différemment par la COVID-19.

Lucie Charland, directrice générale adjointe chez croisières AML, craint que les restrictions qui seront imposées n’aient un impact brutal sur nos opérations.

Ça ne regarde pas bien du tout. On se prépare à différents scénarios, mais disons qu’on est passablement inquiets.

La distanciation physique étant difficile sur les bateaux, ceux-ci pourraient devoir naviguer avec un nombre limité de passagers et, dans certains cas, le port du masque sera obligatoire, comme c’est le cas pour le transport aérien.

Un navire comme le Louis-Jolliet, à Québec, qui peut accueillir habituellement jusqu’à 1000 personnes, pourrait être limité à 350 passagers. Ce sera « impossible d’être rentable », avertit Lucie Charland.

C’est pour ça que l’industrie touristique demande au gouvernement des mesures de soutien, poursuit-elle. Comme la subvention salariale qui couvre les employés saisonniers. Et un remboursement des frais fixes, comme les loyers portuaires, les taxes et les frais pour l’entretien et l’entreposage des bateaux, ce qu’on doit faire pour opérer en toute sécurité, indique la femme d’affaires.

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