Le blocage des voies ferrées par des manifestants opposés au projet Coastal GasLink qui perturbe l’économie du Canada est « illégal », affirme le ministre des Transports Marc Garneau.

: la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement sont parmi les droits les plus fondamentaux dans une démocratie comme le Canada, et ils doivent être respectés et protégés”,”text”:”Je vais être clair: la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement sont parmi les droits les plus fondamentaux dans une démocratie comme le Canada, et ils doivent être respectés et protégés”}}” lang=”fr”>Je vais être clair : la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement sont parmi les droits les plus fondamentaux dans une démocratie comme le Canada, et ils doivent être respectés et protégés, a-t-il dit vendredi matin à Toronto.

Cependant, je dois dire que je suis profondément préoccupé par les manifestations qui empêchent délibérément l’exploitation des chemins de fer par des activités illégales, a-t-il ajouté.

Le ministre Garneau a fait ces remarques à l’occasion d’une rencontre annuelle avec ses homologues des provinces et des territoires, à laquelle participent aussi des représentants autochtones.

Son commentaire sur le caractère illégal des manifestations qui entraînent la fermeture d’une partie significative du réseau ferroviaire de marchandises et de passagers du Canada n’a été fait qu’en anglais.

Plus tôt cette semaine, le chef conservateur démissionnaire Andrew Scheer avait attaqué le premier ministre Justin Trudeau pour son refus de déclarer que les blocages de voies ferrées violaient la loi et les injonctions obtenues par le CN.

: ILLÉGAUX”,”text”:”Il faut mettre un terme aux barrages qui paralysent notre pays, mais Justin Trudeau a peur de les dénoncer pour ce qu’ils sont: ILLÉGAUX”}}” lang=”fr”>Il faut mettre un terme aux barrages qui paralysent notre pays, mais Justin Trudeau a peur de les dénoncer pour ce qu’ils sont : ILLÉGAUX, avait-il déploré dans un tweet publié jeudi.

Le dénouement de la crise passe par le dialogue

M. Garneau a reconnu que les manifestations nuisent aux travailleurs et au transport de nombreux produits, comme le mazout, le chlore ou des produits agricoles, et donc à l’économie canadienne.

La vaste majorité des biens que nous utilisons et achetons voyagent par train. Cela affecte grandement les personnes qui comptent sur les trains de passagers pour se déplacer à travers le pays.

Il a cependant prévenu qu’il y a un risque à voir cela uniquement comme un impact négatif sur rentabilité des grandes entreprises et que le chemin menant au dénouement de cet enjeu passe par le dialogue et la recherche d’un consensus.

Le ministre s’est félicité que son gouvernement et celui du premier ministre britanno-colombien John Horgan aient pu obtenir la fin du blocage de la voie ferrée près de New Hazelton, dans le nord de la province.

Ce résultat a été obtenu après qu’Ottawa et Victoria se sont entendus avec un chef héréditaire de la nation Gitxsan, Simogyet Spookw, pour relancer des discussions visant à mettre un terme à la crise.

Le bureau de Justin Trudeau avait précédemment confirmé que la ministre des Relations Couronne-Autochtones Carolyn Bennett, invisible depuis le début de cette crise, allait se rendre disponible pour la rencontre.

Ce dénouement constitue un réel progrès, a dit le ministre Garneau, en soulignant que la réouverture de la voie ferrée permet la reprise des activités au port de Prince Rupert, où les Autochtones constituent 40 % de la main-d’oeuvre.

Je demeure optimiste qu’une approche semblable pourra mener à un résultat tout aussi positif en Ontario et au Québec. De toute évidence, il s’agit d’une période difficile, et il y a du pain sur la planche.

Il a assuré que son gouvernement travaillera à résoudre l’affaire dans le respect du processus de réconciliation avec les Premières Nations que souhaite le premier ministre Justin Trudeau.

« Beaucoup d’Autochtones veulent du développement économique », plaide Trudeau

De passage en Allemagne pour participer à une conférence sur la sécurité, Justin Trudeau a une fois de plus été rattrapé vendredi par cette crise, engendrée par l’opposition de chefs héréditaires de la Première Nation Wet’suwet’en opposés au projet de gazoduc Coastal GasLink, puis amplifiée par des sympathisants d’un bout à l’autre du pays.

Interrogé sur la réconciliation avec les peuples autochtones qu’il a placée au cœur de son programme politique à l’occasion d’un événement littéraire à Munich, le premier ministre a souligné que beaucoup d’Autochtones sont en faveur du développement économique.

Ces jours-ci au Canada, il y a un débat opposant d’une part les peuples autochtones et [les citoyens] inquiets pour l’environnement et d’autre part et le développement économique, a-t-il répété sous le regard de l’écrivaine Kim Thuy, aussi présente pour l’occasion.

Bien sûr, il y a beaucoup d’Autochtones qui veulent du développement économique, a ajouté du même souffle le chef du gouvernement canadien. Mais ils ont besoin, ils veulent que ce soit fait de la bonne façon, avec respect et en partenariat.

Nous sommes à l’évidence un pays de droit et les lois doivent être respectées, même si la liberté de manifester, évidemment, demeure.

Si les chefs héréditaires Wet’suwet’en n’ont pas donné leur consentement au projet Coastal GasLink, la compagnie l’a cependant obtenu de la part de 20 conseils de bande élus des Premières Nations le long du tracé, dont cinq qui représentent la communauté Wet’suwet’en.

Les blocages des voies ferrées actuellement en cours en Colombie-Britannique et en Ontario ont contraint le CN, propriétaire des voies ferrées, à interrompre ses services dans l’est du Canada, perturbant du coup le transport de marchandises. VIA Rail a pour sa part suspendu ses activités jusqu’à la fin des blocages, laissant en plan des milliers de voyageurs.

Il est par ailleurs prévu que M. Trudeau s’entretienne avec le premier ministre du Québec, François Legault, plus tard aujourd’hui.

Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, pourrait pour sa part rencontrer samedi les Mohawks de Tyendinaga qui bloquent toujours les voies du CN près de Belleville, en Ontario, en soutien aux chefs héréditaires Wet’suwet’en, qui font de même en Colombie-Britannique.

Ces blocages sont maintenus malgré des injonctions obtenues par le CN. Plus tôt cette semaine, le ministre Garneau indiquait qu’il revenait aux provinces et non à Ottawa de les faire respecter. Le lendemain, il a tout de même précisé que les policiers agissaient indépendamment des gouvernements.

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